12 mai 2017 – Francis Martens – Anthropologie psychanalytique du racisme et de la xénophobie : l’effet Remus

La xénophobie, comme son étymologie l’indique, participe non pas tant de la haine que de la peur de l’étranger. Elle constitue le «réglage par défaut» du rapport à l’autre — souvent occulté mais toujours prêt à se dévoiler, comme aujourd’hui, au fil des angoisses collectives et de la déliaison du lien social.
Sur l’autre, à l’extérieur de nous, vient se projeter ce qu’il y a d’«autre», d’énigmatique, d’angoissant, au-dedans de nous (ce que la psychanalyse nomme : « inconscient sexuel refoulé »). Les passages à l’acte paranoïdes consécutifs sont vécus comme des réactions d’autodéfense. Ils sont d’autant moins inhibés que l’autre est moins protégé par les lois du groupe, et/ou que son degré de proximité est vécu comme une intrusion : tant du côté du territoire propre (empiètement excessif), que du côté du sentiment de l’identité (ressemblance insupportable).
L’antisémitisme européen fait figure de cas d’école. La peur contemporaine des «arabes» s’inscrit dans son sillage. Deux axes, rapportés à la première théorie des pulsions chez Freud (interaction du comportement autoconservatif et de la pulsion sexuelle), ainsi qu’aux registres sémiotiques de la contiguïté et de la similarité, permettent d’illustrer l’«effet Remus» : Romulus anéantit Remus – devenu soudain l’incarnation de «l’autre du même» – pour ne pas se sentir «anéanti».
Cette lecture fait apparaître l’impitoyable cohérence de discours haineux et de violences éparses, induits par la diabolisation de l’autre.
Francis  Martens

Où? Repos des Chasseurs, Av. Charle-Albert 11, 1170 Bruxelles

Accréditation demandée

Entrée non membres: 15 euros

Affiche ici

Texte préparatoire ici

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