2018-2019: Algorithmes, procédures… mort du travail psychosocial ?

Au départ, les procédures contribuent à sortir l’action sociale des bons sentiments et à lui donner un certain modus operandi. Quand, dans une équipe par exemple, elles sont le fruit de discussion et de travail commun, elles font office de tiers et aident à penser cadre, la relation (transfert, contre transfert)…

Cependant leur multiplication ou l’éloignement entre le lieu de conception des procédures et celui de leur application peut parfois nuire aux objectifs à atteindre, ceux-ci devenant hors réalité.

Mais d’autres effets peuvent apparaître tant chez les professionnels que les bénéficiaires.

D’une part, nous trouvons face à un risque de prolétarisation du travail psycho-social ; les intervenants se voyant confinés à des tâches morcelées et prédéterminées par les procédures, par un management focalisé sur les seules évaluations chiffrables.

De leur côté, les bénéficiaires voient leur parole réduite aux cases des questionnaires, leurs droits limités à des règles de plus en plus spécifiques voire à des décisions pilotées par algorithmes.

Dans ses interrogations sur la catastrophe, Günther Anders met en avant le fossé qu’il y a entre nos actes et notre capacité de représentation que nous pouvons avoir de leurs effets. Comment donc appréhender les effets de nos actions quand celles-ci sont limitées au seul maillon d’une longue chaîne ?

Quels sont les effets de la multiplication des procédures – par définition prédéterminées – sur la vie psychique des professionnels et de leurs bénéficiaires ? Quels sont les effets sur ceux-ci de voir leurs demandes morcelées en petits bouts mesurables auxquels peuvent répondre, justement une mesure tandis que le reste, non prévu, se voit alors évacué tel un déchet. Et que dire quand l’assistance est assurée par un bot ou un robot ?

Telles sont quelques une des questions que nous aimerions creuser.

Un séminaire interdisciplinaire

Si notre point d’ancrage est la psychanalyse, l’inconscient, l’indispensable intimité, la construction de l’autonomie… nous souhaitons ce séminaire ouvert à tous les professionnels de la relation (santé mentale, institution hospitalière, justice, aide sociale…). Nous veillerons donc à travailler des textes accessibles ou à inviter des intervenants d’autres disciplines.

Condition de participation

S’inscrire auprès d’un des deux animateurs, participer de manière régulière et lire les textes qui feront chaque fois l’objet de la séance.

A titre de base commune nous demandons que soient lus avant le début du séminaire les deux (courts) livres suivants :

  • Gunther Anders – Nous fils d’Eichmann (Payot Rivage-Poche) Pges 45 à 115.
  • Roland Gori – La dignité de penser (LLL Editions)

Contact : Agnès Bressolette et Vincent Magos

Lieu et heure

  • En guise de prélude, nous vous proposons la vision, le 14 septembre, du film  de Sophie Bruneau « Rêver sous le capitalisme »
  • Ensuite, le séminaire se tiendra  Bruxelles (lieu à déterminer) le troisième mardi du mois (sauf période de vacances scolaire) de 20:15 à 22:15. Nous commençons donc le 18 septembre.

 

Ressources:

 

%d blogueurs aiment cette page :