2021-2022: Psychanalystes, qu’avons-nous fait du spirituel ?

Agnès Bressolette (EBP), Anne Verougstraete (EBP), Guy Ruelle (Eab)

Sur le tard je me découvre une âme. Non que j’ignorais son existence, mais je ne sentais pas sa réalité. S’ajoute à cela le fait que, autour de moi, personne ne prononçait plus ce mot.

François Cheng, De l’âme

La crise que nous venons de vivre a fait vaciller nos habitudes et a ébranlé nos certitudes. L’expérience de la vulnérabilité, de la maladie et, pour certains, la confrontation à la mort de proches, parfois vécue dans la solitude, nous a transformés. Nous ne sommes plus les mêmes.

Peut-être sommes-nous devenus plus simples, prêts à partager avec d’autres nos doutes et nos questionnements sur le sens de nos vies et sur ce qui nous donne le goût de vivre. Nous avons vécu le manque et ce manque nous a rappelé combien nous sommes des êtres de relations, des êtres vivants assoiffés de partage, de créativité, en lien avec les autres et le monde.

Tisser des rapports au monde, à l’autre, à soi et à l’Autre, à ce qui nous dépasse, est spécifique de l’expérience spirituelle et constitutif de notre humanité. Le spirituel ne se trouverait-il pas dans « cette fusion de ce qui existe de plus intime, de plus personnel avec l’Absolu », apparaissant « comme inversion du sentiment d’impuissance ? [1] » Nous sommes marqués par la pensée de Freud de la religion comme illusion. La foi déroute la raison par son caractère incroyable.[2] N’est-elle pas un rapport vital à soi-même nous reliant à un centre inconnu ? L’intensité d’une expérience spirituelle peut mener à la connaissance d’un Autre permettant à chacun de se créer par-delà son propre moi.

Interpelés par la clinique et la réalité sociale, nous sommes convaincus qu’ouvrir notre écoute à la dimension spirituelle répond à une exigence, même si le sujet demeure difficile à aborder entre collègues psychanalystes. De nombreuses questions se posent. Dans quelles limites et jusqu’où se déploie la psychanalyse ? Peut-elle inclure la dimension spirituelle ? Nous pensons que cette dimension est présente en chacun. Elle permet de recevoir d’un autre ce que l’on ne peut se donner soi-même. L’inconscient n’est-il pas déjà de l’autre en soi ?

A partir de notre pratique clinique, éclairée par des lectures où chaque participant fera l’apport d’un éclairage à partir d’un auteur de son choix, nous avancerons pas à pas. Nous commencerons par la lecture du livre de Marie Balmary, Freud jusqu’à Dieu (2010), poursuivrons avec la pensée de Lou Andreas-Salomé, puis celle de Lacan, pour ensuite choisir ensemble d’autres références, en nous ouvrant aux propositions de chaque participant en lien avec le cheminement du groupe de travail.

Le séminaire est ouvert à des cliniciens de l’École Belge de Psychanalyse ou d’ailleurs ayant une pratique clinique et intéressés par cette question.

Horaire : les 2èmes mercredis de chaque mois (sauf avril) : 8 septembre ; 13 octobre ; 10 novembre ; 8 décembre 2021 et 12 janvier, 9 février ; 9 mars ; 11 mai et 8 juin 2022 de 20h15 à 22h.

Début du séminaire le mercredi 8 septembre 2021.

Lieu : Watermael-Boitsfort ou Woluwe-saint Pierre

Responsables du séminaire:

Agnès Bressolette (0497 82 93 59 ou agnes.bressolette@hotmail.com) EBP ;

Anne Verougstraete (0478 30 46 09 ou anne.verougstraete@skynet.be) EBP, Guy Ruelle (0476 29 15 76 ou fg.ruelle@gmail.com) membre adhérent Espace analytique.

[1] Andreas-Salomé Lou, Création de Dieu (1892), Maren Sell, 1991, p.17

[2] Andreas-Salomé Lou, Ibid, p.12