Terug naar hoofdinhoud

Webinaire interdisciplinaire. Psychanalyse dans la cité

BSP-EBP

2026-2027 - Webinaire interdisciplinaire. Psychanalyse dans la cité 

Responsable(s): Vincent Magos 

tenir_bon.jpg

 Webinaire 

Webinaire interdisciplinaire. Psychanalyse dans la cité : Tenir bon. Faire face : du récit singulier à la pensée partagée – Vincent Magos

Argument du Séminaire

À l’initiative de quelques psychanalystes, ce séminaire francophone (belges, français, suisses…) tente de réfléchir au tohu-bohu du monde avec l’aide de collègues d’autres disciplines.

Au cours d’un premier cycle (Janvier 2025 - Juin 2026), nous avons travaillé le thème « Clivages, radicalisations et démocratie ». Mais l’actualité nous a bousculés : depuis lors, aux régimes totalitaires qui s’affirment et aux actions de Poutine, se sont ajoutées celles de Trump et la montée des extrêmes droites en Europe. Ce qui tenait vaille que vaille se trouve désormais fragilisé, au risque de provoquer sidération.

Comment alors sortir de l’immobilisme ou du repli sur soi ? Quelle position tenir ? À quelle geste se raccrocher ? Quels actes poser ?

Lors de l’invasion de l’Ukraine, on aurait pu s’attendre à ce que Volodymyr Zelensky accepte d’être exfiltré pour sa sécurité. Il n’en fut rien. La nuit du 25 février 2022, il apparaît en vidéo dans les rues de Kiev. Son message est bref : Nous sommes là. « Bonsoir à tous. Le chef du gouvernement est là. Le chef de cabinet est là. Le Premier ministre Shmyhal est là. Le conseiller Podolyak est là. Le président est là. Nous sommes tous là. Nos soldats sont là. Nos citoyens sont là. Nous sommes tous là pour défendre notre indépendance, notre pays, et rien ne pourra changer ça. Gloire aux hommes et aux femmes qui nous défendent. Gloire à l’Ukraine. »

À côté des actes de courage qui s’inscrivent dans la grande Histoire, il existe aussi des persistances plus discrètes, presque invisibles. Entre la figure politique qui refuse de fuir sous les bombes et nos vies ordinaires, il y a un fil rouge : celui d’une présence résolue.

Il est des acteurs du quotidien, des passeurs, des artisans du lien et du soin qui, par leur refus de céder sur leur éthique ou leur métier, empêchent notre monde commun de s’effondrer. Ce séminaire souhaite simplement leur faire une place.

À partir de leurs expériences de terrain, il s’agit de nous interroger : où sommes-nous aujourd’hui ? Dans nos quotidiens, comment préserver les espaces d’intimité, maintenir la loi commune, tresser le lien et se refuser aux dérives du langage ? Comment, en somme, tenir bon ? Telles sont les questions que nous souhaitons mettre au travail.

Quelques mots sur le pourquoi des psychanalystes face à ces thèmes ?

La psychanalyse n’est pas une discipline parmi d’autres dans ce séminaire — elle en est le point de départ et l’horizon. Non pas parce que les psychanalystes auraient une réponse toute faite, mais parce qu’ils apportent une question que les autres disciplines posent rarement : que se passe-t-il à l’intérieur de quelqu’un qui tient — ou qui ne tient plus ?

La clinique psychanalytique est une pratique de la résistance ordinaire. À chaque séance, le clinicien tient un espace de parole, de pensée, de présence contre les forces de réduction. Ce que le psychanalyste fait dans son cabinet ressemble, à une échelle intime, à ce que Zelensky a fait dans les rues de Kiev : il reste, il parle, il maintient un espace tiers.

Ce que la psychanalyse ajoute à la réflexion politique : 

Les sciences humaines analysent bien les phénomènes de clivage et de radicalisation. Mais elles peinent parfois à rendre compte des moteurs inconscients de l’adhésion aux discours totalitaires, de la jouissance dans la haine de l’autre, ou du vertige de la sidération.

La psychanalyse sait, depuis Freud, que les foules obéissent à la logique du fantasme et au besoin de meneur. Elle sait que la démocratie est un compromis précieux — une façon de vivre avec l’autre sans le détruire. Et elle sait ce que coûte psychiquement de tenir une position éthique.

Tenir bon” comme question clinique :

Tenir bon n’est pas une posture héroïque. C’est d’abord une question d’économie psychique : qu’est-ce qui permet à un sujet de ne pas céder sur son désir ? Qu’est-ce qui fait que certains résistent là où d’autres s’effondrent parce que les ressources symboliques leur ont manqué ?

La psychanalyse apporte des réponses singulières qui relèvent de ce qui se noue très tôt entre un sujet et le langage, entre un être et sa place dans le monde. C’est pourquoi des psychanalystes ont quelque chose à dire – mais aussi à apprendre — sur le juge qui résiste, sur l’enseignant qui tient sa classe ou sur le soignant qui préserve l’humain.

La force du témoignage

C’est pourquoi ce séminaire ne fonctionne pas sur le mode de la conférence ou de l’exposé théorique. Il part du récit singulier — d’une situation vécue, d’un moment où quelque chose a failli céder et n’a pas cédé. Ce choix n’est pas rhétorique : il est clinique.

La psychanalyse sait depuis longtemps ce que le témoignage fait à celui qui l’entend.

Entendre quelqu’n dire comment il a tenu — non en général, mais dans cette situation précise, avec ces ressources-là et pas d’;autres — produit quelque chose qui dépassel’information ou l’exemple. Ce qui se noue alors relève de l’identification : non pas l’imitation d’un modèle à copier, mais ce mouvement plus souterrain par lequel le récit de l’autre touche quelque chose en nous, réveille une capacité que nous ne savions plus avoir, et parfois redonne du mouvement là où nous étions sidérés.

En ce sens, écouter quelqu’un témoigner de ce qui l’a tenu debout peut remettre quelque chose en mouvement là où nous sommes arrêtés, ou pourrions l’être.

Organisation pratique

  • Un séminaire interdisciplinaire francophone, en ligne, sur le thème de « Tenir bon ».
  • Avant la séance :
  • l’invité(e) rédige un texte personnel de 5 à 10 pages à partir d’une situation vécue, d’une crise de terrain ou d’un souvenir professionnel : « Dites-nous ce qui vous a permis de tenir bon ».
  • Les participants reçoivent et lisent le texte.
  • Lors de la séance :
  • Entretien avec l’invité(e) à partir de son récit.
  • Échange croisé avec les organisateurs et le public.
  • Au bout d’une vingtaine de séances, l’ensemble des contributions écrites est publié sous la
  • forme d’un livre collectif.

Le séminaire est gratuit. Il est nécessaire de s’inscrire à chaque séance

Voir le programme 2026-27 : seminaire.squiggle.be